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Cette réalisation poursuit l'édification hypergraphique basée sur le signe carrésique dans le cadre de la narration en prose. Avec ce travail romanesque, je souhaitais dépasser la notion d'œuvre prosodique, concentrée sur des toiles séparées et envisagées en tant que telles, pour densifier mon discours au travers d'une multiplicité de pages et retrouver ainsi la primitive vision d'une même œuvre divisée en différents chapitres.
J'ai donc commencé à écrire et à dessiner l'ensemble des pages de multi-écritures afin que le lecteur éventuel puisse, contrairement au roman traditionnel qu'il faut feuilleter, embrasser toutes les pages d'un même regard. Joël Gayraud a concrétisé l'équipement mécanique que j'avais décidé d'exécuter. J'ai intégré à l'ensemble ainsi constitué quelques pages que cet ami avait lui-même réalisées, comme autant de signes supplémentaires, venant introduire une forme inédite de dialogue dans mon roman.
Lors de l'accrochage au Musée du Luxembourg, cette œuvre comportait également un entourage latéral constitué de deux baguettes supportant des signes de ponctuation découpés dans du bristol de plusieurs couleurs. Ces derniers éléments ayant été endommagés, je la restitue sans leur présence.
Anne-Catherine Caron, septembre 2006.
Technique mixte sur 44 papiers de différentes couleurs, bois et pinces, le tout constituant un ensemble mural de 150 x 90.
Œuvre réalisée à Paris entre le mois de juin et septembre 1977 et qui a figuré la même année dans l'accrochage du Salon Ecritures 78, au Musée du Luxembourg.