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Anne-Catherine Caron vit et travaille à Paris et en Italie. Fille d'écrivain, ses préoccupations littéraires personnelles la conduisent à rencontrer le groupe lettriste au début de 1972.
Elle expose régulièrement depuis cette date, en France comme à l'étranger, et, notamment, au Salon de mai, à Paris, en 1973, où elle commence à développer une activité plastique romanesque autour de la figure géométrique du carré.
Cette option l'amènera à systématiser une démarche originale dans un livre intitulé Roman à Equarrir, (Editions Anakota, Paris, 1978) qui aboutira ensuite à son roman mural, une fresque monumentale intitulée Tu minaudes, alors qu'il faut changer le monde (1992 2002) puis sous la forme de romans en piles. Ces deux dernières réalisations seront proposées dans le cadre de l'exposition Il Lettrismo al di là della femminilitudine qu'elle organise, en 2003, au Musée d'Art Moderne d'Albisola, introduite par une présentation d'Isidore Isou.
Dans le domaine narratif qu'elle privilégie, elle conçoit, de 1982 à 1992, dix romans imaginaires, composés de vingt-quatre parties, une ébauche de récit prenant la forme de petits groupes de carrés disséminés dans l'espace, où elle envisage divers chapitres ou anti-chapitres, ainsi que les autres répartitions classiques du livre imprimé réinterprétées dans le champ idéationnel d'un imaginaire rejoignant le ”presque inexistant”, les “riens” carrésiques constitutifs de ses œuvres.
En 2003, Mirella Bandini lui consacre une monographie intitulée Anne-Catherine Caron, la Traversée l'infini des carrés (Archives du Créatisme et du Lettrisme). Dans l'exposition Après la fin de l'art (1945 2003), Musée d'Art Moderne de Saint-Étienne, elle propose son Roman à Equarrir, version à feuilleter (1979).
Partie de Lettrisme est le titre de l'exposition que lui consacre, en 2004, la Galleria Balestrini Centro Arte Contemporanea d'Albisola où elle homologue, notamment, des travaux photographiques, Romans d'une exposition, concrétisant un relecture architecturale de son propre passé, des Romans excoordistes en bandes roulées, et un film excoordiste sans pellicule, Corrélations avec l'éternité : “ ce déroulement de divers mètres de longueur explore les différentes possibilités de l'infiniment petit et l'infiniment grand coordonnés dans leurs rapports à l'image filmique, ainsi que la multiplication et la démultiplication de l'écoulement de la reproduction de l'image correspondant à la définition du cinéma établie par Isou dès 1952 ” (Interview réalisée par Sandro Ricaldone dans le catalogue de l'exposition).
En contact constant avec Roland Sabatier, dont elle admire l'œuvre proliférante, elle organise la venue d'Isidore Isou dans le cadre de Milano Poesia (1985) ainsi que la section consacrée au cinéma lettriste et, plus récemment, en 2004, le Festival International d'Art Infinitésimal et Sup prolongé dans l'Excoordisme.