La photographie.

L'élément spécifique de la photographie est le calque parfait et immédiat de la réalité. La photographie, art de la reproduction, commence par la mise en relief et l'organisation du modèle, pour en montrer les apparences multiples, objectives, puis subjectives.
Cette édification amplique qui s'achève avec Man Ray, sera relayée, à partir de 1952, avec Esthétique du cinéma, par l'approfondissement du positif, dans la phase ciselante de purification.
La photographie ciselante force la reproduction au rejet de sa finalité première, pour rechercher dans sa profondeur les éléments purs de sa genèse.
Des attaques à l'aide de différents procédés constituent la richesse et la séduction du cliché inédit. Cet état premier d'émiettement de la photographie, qui vaut pour cet art une manière d'impressionnisme, se dépassera dans l'hermétisme et la densification pour s'achever dans le dérèglement instinctiviste et l'anéantissement.
La réalité détruite sur la photographie devait ensuite être intégrée dans la structure originale de l'hypergraphie. Le cliché, envisagé pour sa seule valeur idéographique, quitte la reproduction, pour participer en complément des autres éléments de la communication, à la description des données de l'univers.
La photographie esthapéïriste dépasse le réel visible, pour se constituer dans le mental des amateurs, comme des originalités pures, et elle se développe dans la photographie super-temporelle accessible à tous les amateurs invités à travailler indéfiniment les supports vides de cet art.
R. Sabatier
Sélection bibliographique :
- Revue Ion, Centre de Création, 1952 (réédité en 1999 par Jean-Paul Rocher).
- La photographie ciselante, hypergraphique, infinitésimale et supertemporelle, Isidore Isou, Publications Psi, 1971 (ouvrage de bibliophilie).