L'érotologie.

Bien que dotée d'une dimension scientifique, notamment par sa vision de la psychologie, la sexualité, l'érotisme, sont considérés par Isidore Isou dans leur ensemble comme une simple section de la branche technique de l'application utilitaire des domaines fondamentaux du Savoir, où ils trouvent leur place, pour l'instant, dans les secteurs de la santé ou des loisirs.
La conception érotologique inédite, proposée par le créateur du lettrisme, prend sa source dans Isou ou la mécanique des femmes (1949) et va se développer au cours de différents ouvrages, pour apparaître dans Je vous apprendrai l'amour suivi de Traité d'érotologie mathématique et infinitésimale (1959), comme une vision cohérente et rigoureuse des domaines de l'amour.
Les différentes parties de cet ensemble, qui s'enchaînent dans un ordre à la fois évolutif et organique, se fondent sur le secteur de l'acquis sensuel, contenant les données biologiques, physiologiques, économiques et culturelles, définies comme une mécanique héritée de la passion.
Sur cet acquis, lui-même élargi par un prolongement imaginaire ou infinitésimal, négatif ou positif, mis en formule algébrique, l'ouvrage détermine plusieurs autres secteurs précis.
Le secteur de la conquête voluptueuse, dont le rendement est basé sur le calcul des probabilités et qui est enrichi par la mécanique de conquête passionnelle intégrale, englobant tous les moyens d'envoûtement, possibles et impossibles, de tous les éléments sensuels concevables ou non.
Le secteur de l'étreinte, contenant l'étreinte ininterrompue pure, enrichie de la dimension de l'étreinte négative et de l'étreinte suggérée.
Le secteur de la perversité contenant l'ensemble des positions possibles et impossibles des éléments de l'homme, de l'animal, du végétal, de la matière, du cosmos, de la pensée, tous ordinaires ou altérés, envisagés par tous les sens réels ou imaginaires, à des degrés de temps et de puissance variés et mis en formules mathématiques.
Le secteur de l'amour prodigieux contenant la somme des facteurs idéaux complémentaires de l'acquis ou de la mécanique, de la séduction, de l'étreinte et de la perversité ; et enfin le secteur de l'anti-amour, renfermant l'anti-érotologie, complétée par l'anti-amour négatif et l'anti-amour fractionnel ou inachevé.
R. Sabatier
Sélection bibliographique :
- Isou ou la Mécanique des Femmes, Isidore Isou, Escalier de Lausanne, 1949, (ouvrage de bibliophilie).
- Je vous apprendrai l'Amour, suivi de Traité d'Erotologie mathématique et infinitésimale, Isidore Isou, Le Terrain Vague, 1959, (ouvrage de bibliophilie).